Robert M. Deschenes — Artiste Peintre animalier naturaliste 

Gagnant ex aequo concours du timbre faunique 2026

Fondation de la Faune du Québec

Robert M. Deschenes, artiste peintre animalier naturaliste établi à Saint-Hubert-de-Riviere-du-Loup, au cœur de la région KRTB au Bas-Saint-Laurent, Quebec.

Depuis plus de 30 ans, j'observe et je peins la faune sauvage du Quebec et de l'Amérique du Nord à l'acrylique sur toile. Certains visiteurs ont tendu la main vers mes toiles pour vérifier que les plumes n'étaient pas sculptées.

Peindre la faune sauvage, pour moi, ce n'est pas un exercice esthétique.

C'est un geste de protection.

On ne défend pas ce qu'on ne voit pas.

Mes tableaux donnent à voir.

 

Robert M. Deschenes artiste peintre animalier naturaliste du Bas-Saint-Laurent avec son oeuvre Déploiement printanier, lauréate ex aequo Fondation de la Faune du Québec 2026"

Ce que le timbre faunique m'a appris

Le jury a annoncé ex aequo. Ma première réaction n'était pas de l'euphorie mais plutôt un soulagement bizarre, presque physique. Comme si une partie de moi savait que la toile méritait d'être là, mais n'osait pas y croire avant que quelqu'un d'autre le dise.

Le concours du timbre faunique de la Fondation de la Faune du Québec n'est pas une exposition ordinaire. Il n'y a pas de mur à remplir, pas de vernissage à gérer. L'espèce est imposée par la Fondation ,tu saisis ton pinceau, mais pas avec ton sujet. C'est une contrainte réelle. Et la vraie question, quand tu l'apprends, c'est : comment est-ce qu'on entre dans un animal qu'on n'a pas choisi ?

Cette année, c'était le dindon sauvage, Meleagris gallopavo, mâle en parade printanière. Pas une espèce qu'on retrouve souvent dans la peinture animalière québécoise. Le cerf, l'orignal, le harfang, ça oui, ils occupent ce terrain depuis longtemps. Le dindon, il fallait qu'il se mérite. Je suis allé chercher dans mes notes de terrain, dans des photos , dans des souvenirs de boisés mixtes en fin d'après-midi. La roue de plumes d'un mâle en parade est spectaculaire, mais peindre les caroncules rouge sang qui s'enflent, l'iridescence du dos qui change selon l'angle du soleil , ça ne se résume pas à un coup d'œil. L'acrylique ne ment pas. Chaque couche floue laisse une trace définitive.

Travailler sur un sujet imposé, j'ai compris que ça court-circuite le confort. Quand on choisit l'animal soi-même, on arrive déjà avec un lien. Là, non. Tu dois construire l'attention autrement, à partir de rien d'affectif.

Je ne peins pas pour gagner des concours. Mais quand ça arrive sur un sujet qu'on t'a donné, c'est une satisfaction différente. C'est le travail qui a parlé, pas le choix du sujet.